2013 : LETTRE 2

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Octobre 2013

Cette deuxième lettre se sera fait attendre ! Merci de votre patience. Nous faisons ainsi ensemble – au risque de vous démobiliser – l’expérience du temps vécu « à l’africaine ». Depuis quinze ans, nous avons appris à vivre la patience comme une vertu !
Que s’est-il passé depuis décembre dernier dans les écoles de Diébougou, et dans le travail de notre association ?
A la Direction diocésaine, je travaille avec une secrétaire et deux encadreurs pédagogiques du primaire.
En janvier 2013, j’ai accueilli comme assistant administratif, Monsieur Jean de la Croix Somé, un ancien professeur d’histoire du Séminaire St Tarsicius, qui avait du quitter son poste pour raison de santé. Il va m’appuyer dans l’administration et surtout la gestion du personnel. Ce sera un grand soulagement pour moi.
Le diocèse compte aujourd’hui sept écoles primaires et trois établissements secondaires. La dernière école à avoir ouvert ses portes est l’école de Guéguéré en début d’année scolaire avec le soutien de la Trinité.
L’école de Guéguéré
Dans les établissements de Diébougou, le primaire réunit 1497 élèves : 746 garçons et 751 filles. De son côté, le secondaire accueille compte 595 élèves : 429 garçons pour seulement 166 filles.
Il apparaît clairement une grande disparité dans la scolarisation des filles au secondaire. En effet, nombreux sont les abandons des filles au dans le courant de la scolarité.
Tâchons de définir simplement la conjonction de raisons qui expliquent le phénomène.
Une première explication découle du constat que les élèves scolarisés dans les zones rurales du Burkina Faso le sont globalement, à des âges bien supérieurs aux nôtres. Il n’est pas rare de trouver en 6ème des jeunes de 16 ans.
Une deuxième explication fréquente de l’abandon des filles en secondaire réside dans les grossesses précoces et les mariages qui font suite à ces grossesses.
En troisième lieu, agit aussi ces dernières années l’attraction des centres urbains de Ougadougou ou de Bobo-Dioulasso qui drainent beaucoup de filles de quinze à vingt ans de la région, pour des travaux de ménage dans les familles ou de serveuses dans les buvettes ou les bars. Certains parents semblent coopérer au départ de leur fille parce qu’elle leur rapporte de la ville de petits objets de consommation. Cette « pression » est un quatrième élément d’explication. Ce mouvement des jeunes filles en rupture de scolarité est un des visages de l’exode rural dont la cause première est la réaction de la pauvreté face aux besoins nouveaux que porte la modernité.
Y-a-t-il une solution à cette fragilisation des filles ? Le directeur diocésain insiste sur « la sensibilisation nécessaire des filles elles-mêmes au primat de l’école sur la recherche de la vie facile, immédiate ». La clé se trouve dans « le développement des centres de formation technique et professionnelle (couture, coiffure…) pour leur automisation économique ».
Lorsque nous rencontrons sur le terrain les enfants qui bénéficient de notre aide au moyen des parrainages ou de l’aide alimentaire, nous sommes touchés. Nous sommes émus, bouleversés parfois. Nous voyons en eux nos propres enfants. La dimension affective est forte.
D’un autre côté, nos partenaires au Burkina Faso recherchent une aide qui laisse une place à… la responsabilité des parents ! Cela répond à la volonté affirmée par tous les acteurs du développement sur place, Eglise comprise, de s’en sortir par eux-mêmes.
Le parrainage revêt bien ce dernier aspect.
Comment votre aide est-elle utilisée ? Que deviennent les trente euros annuels que vous versez à l’ASPA pour votre filleul(e) ?
Sur les trente euros, 50% allègent la charge des parents en couvrant 90% des frais de scolarité.
Les salaires des enseignants étant pris en charge par l’Etat depuis 2011, les 50 autres % permettent à la Direction diocésaine de financer le développement des écoles : tables-bancs, écoles nouvelles…
Le témoignage d’Alain Somda, le directeur diocésain se poursuit et confirme ce qui précède : « Le problème de paiement des frais de scolarité se pose surtout dans les écoles de Niégo, Phariyago et Maria-Taw qui ont le plus grand besoin de parrainage.
Comme convenu entre nous, les parents des parrainés doivent contribuer aux frais de scolarité à hauteur de 2 000FCFA (3 euros).
Demain soir, je reçois une équipe conjointe du Secrétariat National de l’enseignement catholique et du Ministère de l’éducation nationale pour une journée de mobilisation sociale et de sensibilisation en faveur de l’école bilingue le vendredi 5 avril à Niégo et le samedi 6 à Guéguéré.
Nous sommes passés à Phariyago, et les populations semblent avoir bien compris le bien-fondé de l’investissement dans la scolarisation de leurs enfants. Même s’il restait encore beaucoup d’impayés des frais de scolarité, les parents ont pris conscience qu’ils doivent s’acquitter de ce devoir à l’égard de leurs enfants. »
Nous partageons avec vous la première photo des latrines construites dans dix écoles de Diébougou au terme de notre projet 2011 / 2012. Le site de l’A.S.P.A. vous fait découvrir les autres.
L’année scolaire dernière, l’association a répondu à deux demandes : celle du groupement « Koun Zaor Yel », de financement d’une zone maraîchère de deux hectares à Navielgane en contrebas du barrage de Bapla. Vaste projet d’agriculture vivrière moderne et durable auquel nous consacrons 12 000 euros. Celle de notre ami Amadou Bakouan de création d’un jardin scolaire dans son village de Djinjerma pour un budget de presque 1000 euros.
Ces projets verront le jour cette année grâce au travail des communautés éducatives de Stanislas de Cannes, La Tramontane, Saint Joseph Carnolès et Maria Mater.
Et maintenant ? La construction d’un collège ?
Merci pour votre soutien ! Sandy Foucher, responsable des parrainages de l’ASPA
Une mesure d’encouragement à la scolarisation : la remise des prix de fin d’année par le Directeur diocésain. Ici à Dano

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