AGRANDIR LE COLLÈGE DE KOKOLIBOU

La région Sud-Ouest du Burkina-Faso d’une population supérieure à 600000 habitants, est, malgré son potentiel économique, la quatrième région la plus pauvre du pays.

Elle compte près de 500 écoles pour plus de 1500 classes, accueillant  en primaire plus de 75 000 élèves à raison de 50 élèves par enseignant en moyenne.

Le primaire a bénéficié ces quinze dernières années d’importants investissements doublant le taux de scolarisation, supérieur  aujourd’hui à 75%, taux toujours légèrement inférieur pour les filles.

Dans le secondaire, une quarantaine d’établissements dont huit sont  privés, scolarisent plus de 15 000 élèves dont un tiers de filles. Le taux de scolarisation approche les 30% pour le collège et à peine 10% pour le Lycée.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : passé le primaire, de nombreux enfants ne parviennent pas à poursuivre leurs études. En effet, accéder au collège relève du parcours de combattant.

La pauvreté des parents est une explication. Il faut y associer l’insuffisance des structures à proximité des écoles primaires, qui oblige les enfants à quitter leurs parents pour poursuivre au collège.

Dans l’établissement secondaire d’accueil, l’enfant devra s’en remettre à la solidarité et à la générosité des autres membres de la famille. L’enfant se trouve exposé aux pires formes de traite des personnes et cette vulnérabilité lui impose souvent d’abandonner ses études. Le recours aux services de « filles de bar », de « bonnes », de « garçons de course » dans les principaux centres urbains est le spectacle offert par la plupart des enfants contraints à l’abandon des études.

C’est dans ce contexte que l’ASPA s’engage cette année à PARTICIPER AU DÉVELOPPEMENT DU COLLÈGE PUBLIC DE KOKOLIBOU.

Kokolibou, un des vingt-trois villages de la commune rurale de Dissin (province du Ioba) compte un peu plus de 1000 habitants. L’activité du village est agricole mais compte-tenu d’une densité de population supérieure à 300, les terres sont insuffisantes et la population migre de façon saisonnière ou définitive.

Le village dispose depuis 1953 d’une école primaire en banco. Fermée pendant vingt-cinq ans, elle a rouvert ses portes en 1984 sous la pression de la population qui a réussi à la financer. L’établissement secondaire le plus proche du village est situé à huit kilomètres et connait un effectif pléthorique.

Pour faire face au besoin crucial d’éducation et, plus largement, pour freiner les mouvements migratoires incontrôlés des jeunes, l’Association des Anciens Elèves de Kokolibou a élaboré et partiellement mis en œuvre un projet de collège d’enseignement général dans le village sur un site de dix hectares, propriété communale. L’Etat a assuré le recrutement d’enseignants et les élèves sans distinction, y sont maintenant accueillis du CM2 à la 5ème.

Que reste-t-il à pour pérenniser le projet?

Entre autres besoins, l’ASPA a relevé un bâtiment de trois autres salles de classe, des latrines pour les élèves et leurs enseignants, un forage pour accéder à l’eau et un plateau omnisports. L’association s’engage à hauteur de 8500 euros.

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