NOUVELLES DU BURKINA

Éloignés du Burkina puisqu’il n’est pas si simple de voyager, nous ne sommes pas privés de nouvelles pour autant. En ce mois de juin 2021, elles sont contrastées.

Côté lumineux, notre ami Amadou Bakouan nous envoie quelques photos attestant le succès de la cantine à Kari. L’ASPA mène, on le sait, des actions structurelles (participation à la construction de locaux ou soutien durable à l’agriculture vivrière par exemple), mais ne s’interdit pas des actions de première nécessité pour résorber les difficultés, parfois ponctuelles, liées aux aléas climatiques. Cette année les pluies ont été insuffisamment abondantes pour assurer une période de soudure sereine. Il faut aider, afin que les enfants puissent mieux et plus manger.

Côté sombre, le pays est encore endeuillé par des massacres de masse. Ils ont lieu dans la zone sahélienne au nord, ou à l’est, près des frontières du Togo et du Bénin. Pour l’instant le sud-ouest se trouve relativement épargné mais nos amis vivent dans la crainte d’une généralisation de la violence. Le Burkina a longtemps été un modèle de bonne entente entre les communautés religieuses. Qu’ils soient catholiques ou musulmans, nous sommes heureux de savoir nos amis prier ensemble pour la paix commune. Que les hommes et les femmes de bonne volonté l’emportent sur la haine, c’est ce que nous souhaitons de tout notre coeur.

DES LATRINES POUR L’ÉCOLE DE PHARYAGO

En février 2019, lors de notre passage à l’école de Pharyago, petite localité du secteur de Diébougou, l’équipe éducative nous a clairement fait part de sa priorité : équiper l’établissement de latrines. L’ASPA s’est donc aussitôt engagée pour que ce projet prenne corps dans les meilleurs délais. Grâce aux actions menées dans nos établissements partenaires, le voici réalisé comme en témoignent ces clichés transmis par notre ami Jean Boniface Somda, directeur diocésain du diocèse de Diébougou.

On ne redira jamais assez l’importance des équipements sanitaires dans les écoles de brousse. Sécurité, hygiène, éducation aux bons gestes sont des préalables essentiels de la réussite des enfants scolarisés.

ÉDITO : GARDER LE CAP, GARDER L’ESPOIR

Alors que l’actualité maintient le monde depuis le printemps dans le mouvement insaisissable de flux et de reflux du covid, très peu d’informations nous parviennent des grands médias sur la situation en Afrique.

C’est habituel et incite à la prudence. Les nouvelles qui nous arrivent du Burkina-Faso par nos amis sont certes assez rassurantes ; mais la circonspection reste de mise.

En avril, le confinement qui a immobilisé le pays et fermé les écoles de Diébougou et Kari, conjugué à ce que les experts appellent les données métaboliques propres à l’Afrique – jeunesse de la population et absence d’obésité – ce confinement a porté ses fruits.

Notre ami Amadou Bakouan, pour enrayer le risque que fait courir le confinement sur l’assiduité, les parents trouvant là une raison supplémentaire de garder leurs enfants aux champs, a avancé une idée : fournir à chaque élève de CM2 de Kari, un savon pour combattre le virus et un livret d’annales pour préparer l’examen de fin d’études primaires (voir ici son article : CONTRE LE COVID À KARI). L’opération lancée sur un site collaboratif a remporté un plein succès en dépassant les 700 euros de dons. Mais la reprise en septembre a été difficile…

Dans les écoles de Diébougou, le confinement a épargné les entreprises de travaux publics et le Père Jean-Boniface Somda, directeur diocésain de l’Enseignement catholique, nous a transmis les photos du collège flambant neuf de Dano, fruit de l’opération « Un euro, un collège » de l’année dernière. Il nous a aussi informé de la construction des latrines à l’Agrithèque et dans l’école de Pharyago, demande qu’avait formulée l’équipe enseignante à notre passage en février 2019, comme une priorité absolue et un moyen d’assurer, là encore, l’assiduité des élèves, en particulier des filles.

Autre nouvelle récente et positive : l’année scolaire ne sera pas une année blanche ! 

De notre côté, le confinement a, bien entendu, interrompu toutes les actions dans les établissements de notre réseau mais… pas la campagne de parrainage des presque deux cents élèves. Le tout récent retour au « Faso », au pays, de nos amis Dieudonné Hien et Dominique-Savio Meda, chargés l’un et l’autre de fonder une nouvelle paroisse en brousse après des années d’expatriation à Monaco et en Ardèche nous apportera à coup sur, rapidement de quoi vous en dire plus, y compris sur la situation sécuritaire que la crise du covid ne doit pas faire oublier. Comme dans une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest, cette situation reste fort préoccupante au Burkina Faso. Pour l’instant, la région de Diebougou a été épargnée mais, de toute évidence, l’équilibre n’est pas plus assuré au Burkina-Faso qu’en France.

Malgré toutes ces difficultés, gardons le cap de notre engagement ! Merci à tous !