ÉDITO : ENTRE LES MAILLES DU FILET

L’espérance, ce n’est pas espérer que cela ira mieux demain mais continuer à agir dans le monde tel qu’il est, en avoir le désir et le courage.

Il n’est donc ni illusoire, ni insensé mais utile et réjouissant de présenter des vœux associatifs à tous ceux et toutes celles qui animent nos actions, sensibles, malgré la distance, au destin de leurs amis ouest-africains, convaincu(e)s, forts de leur expérience, de leur mission éducative auprès de nos jeunes élèves.

Certes les relations se tendent entre nos deux pays, la France et le Burkina-Faso. L’actualité est généreuse en informations dramatiques ou menaçantes, en tensions fortes… de part et d’autre !

Tout est question d’échelle. Notre travail microscopique passe entre les mailles du filet : nous continuons à communiquer, à rencontrer nos partenaires et à agir, pleins de bonne volonté, d’humilité et de confiance, prévenus contre un optimisme béat et une candeur imbécile, persuadés qu’il faut poursuivre.

Notre engagement aux parrainages d’enfants démunis reste évidemment en place. Un rapport de Dominique Meda précise les contours du dispositif et les besoins qui demeurent (voir notre article).

Les jardins financés dans chacune des six écoles primaires du diocèse de Diébougou voient sortir de terre leurs premières plantations à Libiélé, Maria-Taw et Pharyago, grâce à la persévérance et l’efficacité de notre ami le Père Dominique Meda, directeur diocésain. Ils vont constituer un apport à la fois alimentaire et… éducatif pour les élèves.

Le financement de la cantine de l’école de Kari, lui, permet de stabiliser ses effectifs autour de 430 élèves. Notre autre grand ami, Amadou Bakouan, son ancien directeur, entretient le lien entre nous. Ce sont là des progrès concrets, les fruits visibles de notre collaboration au développement de ce petit coin du monde.

Bonne année 2026 !

2025

Avec nos voeux les plus sincères, veuillez trouver, cher(e)s ami(e)s de l’ASPA, les grandes lignes des actions qui mobiliseront l’ASPA au cours de cette nouvelle année.

Projet Pilote de l’année 2025 :

  • Réalisation de champs scolaires (école de Phariago et Mariatan)

Actions pérennes poursuivies en 2025 :

  • Parrainages d’enfants scolarisés du diocèse de Diebougou (six écoles concernées). Coordination Elisabeth Janin, Dominique Meda.
  • Parrainages d’enfants méritants (poursuite ou accès au secondaire) sous le patronage d’Amadou Bakouan (village de Kari, inspection éducation nationale Bobo)
  • Contribution à la cantine des écoles de Kari (Amadou Bakouan).
  • Soutien à l’aménagement à la paroisse de Bozo (Dieudonné Hien)
  • Soutien à l’aménagement de la DDEC de Diébougou (Dominique Méda)

Merci pour votre soutien !

ÉDITO : L’HISTOIRE DE MALO

Il s’appelle Malo. Un jour, en sortant de l’école, il grimpe au sommet d’un arbre pour y cueillir un fruit, une mangue sans doute, mais celle-ci est trop haute pour lui, il tombe et se blesse gravement le bras.  Comme la plaie est méchante, elle s’infecte, ne guérit pas, et il faut vite se rendre à l’évidence : amputer l’enfant pour le sauver. Ce qui est fait. La suite ? De longues années de hauts et de bas, mais encore la famille, les camarades, l’école, le village, de nouveaux fruits, le courageux apprentissage de la vie. Aujourd’hui, Malo a passé ses vingt ans. Il se lance dans un élevage de poulets pour gagner sa vie. Il avance.

Peut-on penser que l’histoire de Malo – à laquelle, on l’aura compris, l’ASPA a été mêlée –  est plus qu’un destin privé et anecdotique ? Le Burkina Faso, au cœur d’une Afrique de l’Ouest en pleine mutation politique, connaît lui aussi ses blessures, ses drames. Le découragement peut s’y rencontrer et s’y comprendre. Rien, à Ouagadougou ou en province, ne justifie l’insouciance et l’optimisme béat. Pourtant, nos interlocuteurs là-bas nous le disent, une autorité gouvernementale restaurée et acceptée semble redonner une certaine confiance à la population. Une mobilisation générale serait en cours pour faire face au djihadisme qui, depuis plusieurs années, empoisonne le quotidien de ce pays pauvre mais de tradition paisible et tolérante. Avec le maintien de la junte au pouvoir, le retrait forcé des troupes françaises, les tensions diplomatiques entre Paris et Ouaga, bien des signes semblent indiquer une volonté de reprise en main. Le retrait du G5 Sahel et le récent rapprochement avec le Niger et le Mali dessinent peut-être cette idée d’un « sud global » émancipé sous l’oeil intéressé de la Russie et dont le recul de l’influence occidentale serait le revers.

Alors, peut-être faut-il comprendre que le destin d’un homme comme celui d’un pays est bien de tracer sa propre voie, dans la singularité de son environnement et de son histoire. C’est peut-être aussi sinon le destin du moins la vocation d’une association comme l’ASPA : se donner un cap, le garder en trouvant ses propres solutions, sa raison d’être particulière : pour nous quelque chose de l’ordre de la foi et de l’amitié.

ÉDITO : POURSUIVRE

L’actualité est lourde de menaces. Souhaiter à tous une bonne année relève d’un optimisme qui peut paraître hors de mesure. Ne soyons pas aveugles, le Burkina, à entendre et lire nos amis là-bas, est au bord du chaos. À chaque femme, à chaque homme, il demeure la capacité, hors de mesure elle aussi, à vivre un jour après l’autre dans le sentiment oppressant que la vie et la mort se sont peut-être donné rendez-vous dans la journée… ou le lendemain. 

Nos amis chrétiens font l’expérience de l’espérance, nos amis musulmans, du destin. Chacun s’en remet à Dieu.

Que faut-il donc souhaiter : la sagesse, le courage, la force, l’esprit de résistance ? De ce côté du monde, nous sommes des témoins à l’abri, des témoins impuissants à autre chose qu’à soutenir des projets d’avenir.

L’avenir auquel nous voulons croire porte toujours le nom de développement, un développement qui s’incarne dans des enfants qui poursuivent leur scolarité de l’école au collège… dans des populations villageoises qui accèdent à l’eau de façon durable…

De façon bien concrète, l’ASPA envisage donc cette année de doter le village de Tovuor d’un château d’eau, de poursuivre la construction de latrines dans les écoles de l’Enseignement catholique de Diébougou, d’y garder actifs ses quelques 180 parrainages, et de maintenir le lien très fort avec Amadou Bakouan qui nous sert de relai avec l’école de Kari.

Garde enfin une place centrale dans notre conviction et notre action de terrain, le travail d’éducation de nos élèves en France commencé il y a bientôt 23 ans pour les assurer, tout compte fait et malgré la conjoncture, que l’Afrique et le Burkina possèdent les ressources pour avancer.