2025

Avec nos voeux les plus sincères, veuillez trouver, cher(e)s ami(e)s de l’ASPA, les grandes lignes des actions qui mobiliseront l’ASPA au cours de cette nouvelle année.

Projet Pilote de l’année 2025 :

  • Réalisation de champs scolaires (école de Phariago et Mariatan)

Actions pérennes poursuivies en 2025 :

  • Parrainages d’enfants scolarisés du diocèse de Diebougou (six écoles concernées). Coordination Elisabeth Janin, Dominique Meda.
  • Parrainages d’enfants méritants (poursuite ou accès au secondaire) sous le patronage d’Amadou Bakouan (village de Kari, inspection éducation nationale Bobo)
  • Contribution à la cantine des écoles de Kari (Amadou Bakouan).
  • Soutien à l’aménagement à la paroisse de Bozo (Dieudonné Hien)
  • Soutien à l’aménagement de la DDEC de Diébougou (Dominique Méda)

Merci pour votre soutien !

ÉDITO : L’HISTOIRE DE MALO

Il s’appelle Malo. Un jour, en sortant de l’école, il grimpe au sommet d’un arbre pour y cueillir un fruit, une mangue sans doute, mais celle-ci est trop haute pour lui, il tombe et se blesse gravement le bras.  Comme la plaie est méchante, elle s’infecte, ne guérit pas, et il faut vite se rendre à l’évidence : amputer l’enfant pour le sauver. Ce qui est fait. La suite ? De longues années de hauts et de bas, mais encore la famille, les camarades, l’école, le village, de nouveaux fruits, le courageux apprentissage de la vie. Aujourd’hui, Malo a passé ses vingt ans. Il se lance dans un élevage de poulets pour gagner sa vie. Il avance.

Peut-on penser que l’histoire de Malo – à laquelle, on l’aura compris, l’ASPA a été mêlée –  est plus qu’un destin privé et anecdotique ? Le Burkina Faso, au cœur d’une Afrique de l’Ouest en pleine mutation politique, connaît lui aussi ses blessures, ses drames. Le découragement peut s’y rencontrer et s’y comprendre. Rien, à Ouagadougou ou en province, ne justifie l’insouciance et l’optimisme béat. Pourtant, nos interlocuteurs là-bas nous le disent, une autorité gouvernementale restaurée et acceptée semble redonner une certaine confiance à la population. Une mobilisation générale serait en cours pour faire face au djihadisme qui, depuis plusieurs années, empoisonne le quotidien de ce pays pauvre mais de tradition paisible et tolérante. Avec le maintien de la junte au pouvoir, le retrait forcé des troupes françaises, les tensions diplomatiques entre Paris et Ouaga, bien des signes semblent indiquer une volonté de reprise en main. Le retrait du G5 Sahel et le récent rapprochement avec le Niger et le Mali dessinent peut-être cette idée d’un « sud global » émancipé sous l’oeil intéressé de la Russie et dont le recul de l’influence occidentale serait le revers.

Alors, peut-être faut-il comprendre que le destin d’un homme comme celui d’un pays est bien de tracer sa propre voie, dans la singularité de son environnement et de son histoire. C’est peut-être aussi sinon le destin du moins la vocation d’une association comme l’ASPA : se donner un cap, le garder en trouvant ses propres solutions, sa raison d’être particulière : pour nous quelque chose de l’ordre de la foi et de l’amitié.

ÉDITO : POURSUIVRE

L’actualité est lourde de menaces. Souhaiter à tous une bonne année relève d’un optimisme qui peut paraître hors de mesure. Ne soyons pas aveugles, le Burkina, à entendre et lire nos amis là-bas, est au bord du chaos. À chaque femme, à chaque homme, il demeure la capacité, hors de mesure elle aussi, à vivre un jour après l’autre dans le sentiment oppressant que la vie et la mort se sont peut-être donné rendez-vous dans la journée… ou le lendemain. 

Nos amis chrétiens font l’expérience de l’espérance, nos amis musulmans, du destin. Chacun s’en remet à Dieu.

Que faut-il donc souhaiter : la sagesse, le courage, la force, l’esprit de résistance ? De ce côté du monde, nous sommes des témoins à l’abri, des témoins impuissants à autre chose qu’à soutenir des projets d’avenir.

L’avenir auquel nous voulons croire porte toujours le nom de développement, un développement qui s’incarne dans des enfants qui poursuivent leur scolarité de l’école au collège… dans des populations villageoises qui accèdent à l’eau de façon durable…

De façon bien concrète, l’ASPA envisage donc cette année de doter le village de Tovuor d’un château d’eau, de poursuivre la construction de latrines dans les écoles de l’Enseignement catholique de Diébougou, d’y garder actifs ses quelques 180 parrainages, et de maintenir le lien très fort avec Amadou Bakouan qui nous sert de relai avec l’école de Kari.

Garde enfin une place centrale dans notre conviction et notre action de terrain, le travail d’éducation de nos élèves en France commencé il y a bientôt 23 ans pour les assurer, tout compte fait et malgré la conjoncture, que l’Afrique et le Burkina possèdent les ressources pour avancer.

ÉDITO : GARDER LE CAP, GARDER L’ESPOIR

Alors que l’actualité maintient le monde depuis le printemps dans le mouvement insaisissable de flux et de reflux du covid, très peu d’informations nous parviennent des grands médias sur la situation en Afrique.

C’est habituel et incite à la prudence. Les nouvelles qui nous arrivent du Burkina-Faso par nos amis sont certes assez rassurantes ; mais la circonspection reste de mise.

En avril, le confinement qui a immobilisé le pays et fermé les écoles de Diébougou et Kari, conjugué à ce que les experts appellent les données métaboliques propres à l’Afrique – jeunesse de la population et absence d’obésité – ce confinement a porté ses fruits.

Notre ami Amadou Bakouan, pour enrayer le risque que fait courir le confinement sur l’assiduité, les parents trouvant là une raison supplémentaire de garder leurs enfants aux champs, a avancé une idée : fournir à chaque élève de CM2 de Kari, un savon pour combattre le virus et un livret d’annales pour préparer l’examen de fin d’études primaires (voir ici son article : CONTRE LE COVID À KARI). L’opération lancée sur un site collaboratif a remporté un plein succès en dépassant les 700 euros de dons. Mais la reprise en septembre a été difficile…

Dans les écoles de Diébougou, le confinement a épargné les entreprises de travaux publics et le Père Jean-Boniface Somda, directeur diocésain de l’Enseignement catholique, nous a transmis les photos du collège flambant neuf de Dano, fruit de l’opération « Un euro, un collège » de l’année dernière. Il nous a aussi informé de la construction des latrines à l’Agrithèque et dans l’école de Pharyago, demande qu’avait formulée l’équipe enseignante à notre passage en février 2019, comme une priorité absolue et un moyen d’assurer, là encore, l’assiduité des élèves, en particulier des filles.

Autre nouvelle récente et positive : l’année scolaire ne sera pas une année blanche ! 

De notre côté, le confinement a, bien entendu, interrompu toutes les actions dans les établissements de notre réseau mais… pas la campagne de parrainage des presque deux cents élèves. Le tout récent retour au « Faso », au pays, de nos amis Dieudonné Hien et Dominique-Savio Meda, chargés l’un et l’autre de fonder une nouvelle paroisse en brousse après des années d’expatriation à Monaco et en Ardèche nous apportera à coup sur, rapidement de quoi vous en dire plus, y compris sur la situation sécuritaire que la crise du covid ne doit pas faire oublier. Comme dans une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest, cette situation reste fort préoccupante au Burkina Faso. Pour l’instant, la région de Diebougou a été épargnée mais, de toute évidence, l’équilibre n’est pas plus assuré au Burkina-Faso qu’en France.

Malgré toutes ces difficultés, gardons le cap de notre engagement ! Merci à tous !