2006 : TOMPÉNA, LA SUITE DANS LES IDÉES

Notre soutien à la ferme école de Tompéna se confirme.L’agriculture au Burkina-Faso reste la clef de l’équilibre alimentaire et une des voies possibles du développement. Si le monde rural n’est jamais à l’abri, comme dans toute zone tropicale, d’une mauvaise saison des pluies ou d’une invasion de criquets, le critère principal d’instabilité semble venir des paysans eux-mêmes.

Le Père Lazare Somé, notre partenaire dans ce projet, pointe du doigt l’immobilisme des méthodes culturales dans cette agriculture de subsistance et ses conséquences humaines : la démobilisation des jeunes et leur exode vers les bidonvilles de Ouagadougou ou Bobo-Dioulasso. Le projet de ferme-école qu’il a nourri de sa formation agronomique, entend dépasser cette contrainte mentale et sociale.

Coordonné par l’Ocadès de Diébougou, le projet est ambitieux : il s’étale, par tranches, sur cinq ans et nécessite un investissement total de 150.000 euros, l’ASPA s’engageant parmi d’autres associations à y participer à hauteur des moyens réunis.

Sa finalité avouée : moderniser l’agriculture locale pour attacher les jeunes à la terre. Moderniser en diversifiant les activités (céréaliculture, plantation d’arbres fruitiers, maraîchage…), en recourant aux techniques modernes (irrigation), en développant un élevage d’espèces sélectionnées (poules pondeuses, poulets, porcs, bœufs). Cette modernisation garantit des bénéfices et permet ainsi à ces jeunes de participer dans leur village à la vie moderne que leur font miroiter les grandes villes.

Il s’agit en un mot de rentabiliser l’agriculture. « La meilleure agriculture est celle qui enrichit le cultivateur » affirme le Père Lazare.

Que sera la ferme école, un fois les premières activités consolidées ?
Un institut agricole assurant la formation de jeunes et facilitant leur installation !
Ouvert à des garçons alphabétisés mais trop âgés pour espérer suivre un collège, il proposera un an de formation gratuite en internat, alliant théorie, technique et expérimentation agricoles.

Les fruits de la ferme elle-même, vendus sur les marchés locaux permettront à la fois d’assurer un pécule à chaque élève désireux de s’installer et l’équilibre financier de la communauté pastorale de Diébougou.

En juin 2005, l’A.S.P.A. a remis au Père Lazare un chèque de 10 000 euros.

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2007 : DÉVELOPPEMENT DURABLE

Comment penser développement durable lorsque le développement lui-même n’est pas assuré ? Comment combiner l’accroissement de la production agricole et la lutte contre le déboisement ?
Ces questions sont cette année au cœur des projets soutenus.
Encouragée par le formidable travail de la Ferme-école de Tompéna, aidée ces deux dernières années à hauteur de 25000 euros, l’ASPA garde sa priorité au développement rural.

Au Sud-Ouest du Burkina-Faso, la terre est encore une ressource disponible. Mais elle est aussi une ressource fragile. Comme dans beaucoup d’autres pays de l’Afrique sahélienne, une course poursuite est engagée entre la pression démographique et la mise en valeur de la terre.

En effet, relever le défi de nourrir une population qui s’accroît fortement exige la mise en cultures de nouvelles terres et la formation des générations futures de paysans. Or, qui dit « mise en culture » dit aussi déboisement ! Comment rompre ce cercle vicieux et rendre durable le développement agricole ?

Les deux projets de cette année arrivent à concilier les exigences économique et écologique.

– La Ferme-école de Tompéna entre dans sa 3ème phase : les structures sont sorties de terre et commencent à produire, l’eau est disponible grâce à un forage. Reste à faire de la ferme…une école, pour 15 jeunes par an qui seront formés à une agriculture moderne, rentable et durable ! Nous renouvelons notre soutien au Père Lazare Somé.

– L’autre projet entend financer la plantation de 20 hectares d’anacardiers dans le village de Wan à 35 km de Diébougou. Il permettra de reboiser et de produire en même temps, en replantant une essence productive, l’anacardier, dont nos sociétés consomment les noix de cajou !
En plus du double impact écologique, reboiser et encourager le choix par les paysans plutôt que du sorgho qui a besoin d’eau d’une culture qui en exige moins, le projet créera de l’emploi pour la population locale. L’anacardier sans remplacer les cultures vivrières permettra aussi de diversifier les cultures commerciales à un moment où les paysans souffrent des fluctuations du cours mondial du coton. La perspective à long terme de la transformation sur place de la noix de cajou et de l’extension de l’expérience à d’autres zones proches (Batié, Ouessa, Kampti) sont deux arguments supplémentaires qui plaident en faveur de ce projet, présenté à la demande de Mgr Der Raphaël Dabiré, nouvel évêque de Diébougou, par le Père Francis Dabiré

Dans une optique de développement global, l’A.S.P.A. poursuit aussi son travail en faveur de l’éducation primaire et secondaire par trois propositions de parrainages.
Le projet 2003 de « Parrainage scolaire des filles de Diébougou », qui aide aujourd’hui près de 70 élèves dans 5 écoles de l’Enseignement catholique reste toujours actif. Le coût du parrainage annuel est de 30 euros par enfant.
Un autre projet de soutien scolaire est engagé en collaboration avec M.Amadou Bakouan, dont nous connaissons depuis longtemps le travail et le sérieux en tant que directeur d’école primaire publique à Djindjerma, près de Koti. Ce projet permettra à certains de ses anciens élèves, enfants doués issus de familles sans ressources de ce village, de poursuivre leurs études au Collège en ville. Le coût de ce parrainage complet (hébergement, fournitures, frais de scolarité) est de 106 euros annuels par enfant.
Enfin, la Ferme-école recherche des parrains et marraines pour ces élèves-fermiers. Le coût de la formation et de l’hébergement complet s’élève à 150 euros annuels.

2008 : APPRENDRE À TOMPÉNA

L’ASPA a toujours considéré la formation comme un moyen privilégié du développement. En organisant le parrainage des filles des écoles catholiques du diocèse de Diébougou ou celui de jeunes quittant l’école primaire publique de Djindjerma, elle vise le long terme et cherche à agir sur les causes profondes de la pauvreté.

Grâce aux actions entreprises, par l’effort de tous, dans les établissements, ces trois dernières années, l’ASPA a pu apporter 35000 euros à la Ferme-école de Tompena qui a formidablement développé ses activités. C’est ce que le ministre de l’Agriculture du Burkina-Faso a constaté sur place, louant le travail d’organisation de son responsable, notre partenaire, le Père Lazare Somé. La Ferme-école a été citée comme un modèle pour l’agriculture du pays.

Quel bilan dresser aujourd’hui du travail accompli ?

La ferme école compte sept unités d’élevage : deux de 25 porcs chacune, deux de 500 poules pondeuses chacune, une de 26 vaches laitières et bœufs de trait, une unité de 3 chèvres et 6 moutons, une de 300 poules locales. A quoi s’ajoutent la culture d’anacardiers, la production de 10 hectares de maïs et l’exploitation d’un moulin à grains.

La ferme école a déjà les allures d’une ferme, elle va pouvoir devenir une école ! C’est tout le sens de notre projet.

Dans le domaine agricole, l’inertie des habitudes est une cause de disette. L’usage de la daba, comme l’utilisation extensive des terres, sont des archaïsmes que la formation peut permettre de dépasser.

2009 : EAU ET ÉLECTRICITÉ À TOMPÉNA

La ferme-école achève sa première année de formation sur un bilan positif : 19 élèves fermiers sont prêts à s’établir ou à apporter leurs compétences nouvelles dans des fermes modernes. La production animale a atteint 100 porcs, 30 vaches dont les premières laitières issues de croisement génétique. Les poules seront bientôt au nombre de 1000, ce qui reste insuffisant pour répondre à la demande locale en œufs ! La Ferme-école vise raisonnablement l’auto-financement dans trois ans. Elle ne pourra l’atteindre qu’en développant encore sa capacité à produire, à transformer et ainsi valoriser sa production. Elle peut et souhaite encore s’agrandir ! Elle a besoin d’un réfectoire, d’une porcherie supplémentaire mais les problèmes qui se posent aujourd’hui touchent à l’accès à l’eau et à l’absence d’électricité. Un puits de faible profondeur ne suffit pas à ses besoins. L’A.S.P.A. pourrait compléter l’action de l’ONG « Hydrauliques sans frontières » qui s’apprête à réaliser une nouvelle étude géophysique en finançant le forage.

Pour l’électricité, un groupe électrogène ou mieux des panneaux solaires permettraient à la fois de poursuivre l’étude après 17 heures, de brancher un réfrigérateur pour la vie quotidienne et les produits vétérinaires. A moyen terme, une source continue d’électricité aiderait la Ferme-école à passer à l’étape de transformation et de commercialisation à l’échelle locale de ses productions de lait et de viande de porc. La plus-value rendrait possible l’auto-financement.

Le coût évalué d’un tel équipement s’élève à 10000 euros. L’ASPA soutient ce projet de développement durable et rentable qui participe par la production alimentaire et la formation, au développement intégral de l’homme.

2010 : PARRAINAGES SCOLAIRES

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Deux projets de parrainage, déjà actifs aujourd’hui, ont besoin d’être étendus :

Le premier lie les enseignements catholiques de Nice et de Diébougou. Le constat de la très faible scolarisation des filles en milieu rural (12%) a abouti dès 2003 au projet de « Parrainage scolaire pour les filles de Diébougou ». Plus de 50 filles (et quelques garçons !) en bénéficient aujourd’hui. La finalité est claire : l’accès des filles à l’école participe à la promotion de la femme et au développement humain.
Le coût annuel du parrainage s’établit à 30 euros par enfant. Le formulaire d’engagement est téléchargeable sur le site.

Une convention signée en 2010 entre l’Enseignement catholique de Diébougou et l’Etat burkinabé a réduit les frais de scolarité de 30 à 15 euros. L’Enseignement catholique doit intégralement reverser ces 15 euros à l’Etat. Ce dernier paie les salaires des enseignants mais l’Enseignement catholique prive de tout budget d’investissement.
Comment répondre à l’afflux d’élèves, provoqué par la réduction des frais de scolarité sans les moyens de financement des structures (salles de classes, tables-bancs…) ? Notre parrainage dégage 15 euros pour répondre à la question et assurer l’avenir. A titre indicatif, une table-banc pour deux enfants coûte 50 euros.

Le second projet de parrainage nous lie par convention à notre ami Amadou Bakouan, le directeur de l’école publique de Djinjerma, un village reculé de brousse. Le constat qu’il fait depuis des années est celui de l’abandon de la scolarité par certains de ses meilleurs élèves, faute de moyens matériels. Le projet est très simple : donner à ces élèves méritants, la chance de poursuivre leurs études secondaires. Un parrainage de 106 euros couvre les frais de scolarité, de déplacement ou d’hébergement.