2016 : VOYAGE COMMANDO

Depuis 2012, date de notre dernier passage, le Burkina a connu des bouleversements : une tentative de coup d’état, la mise à sac de son Assemblée Nationale, des élections plus ou moins sereines, des révoltes populaires, des attaques terroristes… Des menaces ont plané. Ebola, par exemple, mais aussi d’autres plus fantaisistes. Les pommes vendues au bord des routes, dit-on, ont été empoisonnées par des émules de Boko Haram. Les petites marchandes sont dans la difficulté.

Pourtant, rester un an de plus sans nous rendre au Burkina aurait été dommageable à l’association et aux projets en cours ou à venir. Pour une fois, l’équipe s’est réduite à Frédéric Bernadeau, Anne-Thérèse Rendu et Alain Deloffre, auxquelles s’est jointe Carole Lambert, de l’association Les Manguiers de la paix. Dieudonné Hien, lui, était déjà sur place pour ses « vacances » au pays. Nous l’avons retrouvé là-bas. Objectifs ? Retrouver nos partenaires sur le terrain, évaluer les dernières réalisations, repérer d’autres chantiers possibles, lancer notre projet pilote : l’agrandissement du collège de Kokoligou et, bien sûr, rapporter de nouvelles images, notamment le matériau nécessaire à la réalisation d’un nouveau documentaire consacré à l’eau.

Dix jours non stop, au point d’avoir l’impression (mais ce n’était pas qu’une impression) de vivre trois journées en une. Un voyage commando, en quelque sorte, dont nous vous livrons ici quelques images marquantes.

2012 : BONHEURS DU VOYAGE

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Retrouver Ouagadougou, l’accueil à l’aéroport, la chaleur et les odeurs de la nuit, la lumière tamisée par la poussière sur la route de la cathédrale, les chambres nues où les murs filtrent à peine les bruits de la rue. Lire dans le regard des amis l’émotion de la découverte ou des retrouvailles, partager le premier repas et le premier verre sous les arcades du stade dans une excitation enfantine.

Il y a des voyages où les choses s’agencent d’elles-mêmes : les obstacles que l’on perçoit au loin s’évanouissent en approchant.

En 2012, les moments se sont succédé avec bonheur :

Croiser, sortant de la direction diocésaine où Alain nous a accueillis, Evariste, instituteur, membre de « Diébougou ville-propre », tee-shirt australien, large sourire aux lèvres, qui nous présente son projet de latrines pour dix écoles de la zone. Le suivre le lendemain jusqu’à Navielgane pour évaluer le travail et les conditions de scolarisation des villages de brousse.

Partir entassés sur le toit du minibus, pour Djinjerma, voir venir à nous des centaines d’enfants, rejoindre le village et sous la conduite d’Amadou, vivre les salutations, la visite du maraichage, le repas dans l’école et les adieux sous les youyous. Eviter d’écraser les poulets entravés aux yeux exorbités qui subissent au retour le même chaos que nous tous.

Interrompre à peine sortis de Dano notre route vers Bobo, moment de grâce, repos hors programme qui permet à Anne-Thérèse et Alain de tourner l’essentiel de « l’insécurité alimentaire ». Découvrir finalement avec Saly le nouveau visage du Dispensaire-Trottoir aujourd’hui tourné vers le traitement de la sous-nutrition grâce à sa ferme à spiruline et vers les soins par son centre d’accouchement et de prévention contre le VIH. Vivre pendant le retour dans la nuit, une palabre nourrie, avec Sandy sur l’être et l’existence de Dieu

Echanger un soir à Sarepta avec Dieudonné, venu en ami de Diébougou, sur les questions de développement.

Plus unique encore, le souvenir de la traverser de Dano la nuit, deux ans auparavant avec Valentine vers le télé-centre, à peine effleuré par l’œil mécanique d’Alain, savoir que nous vivons dans le silence de notre marche parallèle les mêmes instants hors du temps !

FB

2010 : AMADOU, LAZARE, ALAIN ET LES AUTRES…

12 personnes sont accueillies à nouveau par l’Enseignement catholique de Diébougou. L’abbé Alain Somda, le directeur diocésain, a mis sur pied une réunion générale des acteurs de l’Enseignement catholique, autour de nous, réunion qui permet de faire le point sur les nouvelles conditions des parrainages scolaires en raison d’une convention signée avec l’Etat burkinabé. Une visite de toutes les écoles primaires et secondaires nous permet de rencontrer élèves, enseignants et direction.
Une journée à Tompena nous offre une rencontre passionnante avec les étudiants et les enseignants de la ferme-école. Le film « Tompena » d’Alain Deloffre témoigne, à la fois, de l’avancée formidable et des difficultés du projet.
A l’invitation d’Amadou Bakouan, le groupe passe une journée mémorable à Djinjerma où l’A.S.P.A. soutient un programme d’alimentation quotidienne des enfants de l’école publique et quelques parrainages d’enfants sans moyens, poursuivant leur cursus scolaire au collège.

2007 : L’ASPA FAIT SON CINÉMA

Dano reste le point d’attache d’où le groupe de 12 personnes rayonne vers Diébougou, Fafo et Tompena. Partout nous retrouvons nos partenaires et évaluons le travail accompli.
Une longue rencontre à la direction diocésaine de Diébougou avec l’abbé Ignace Hien, directeur diocésain et son adjoint, l’abbé Alain Somda, qui l’a remplacé depuis et dont nous faisons à l’occasion la connaissance pose les problèmes : ceux de l’enseignement catholique confronté à la fuite des instituteurs, au déséquilibre financier des écoles, mais aussi ceux de la communication entre nous. Nous nous redisons notre volonté de travailler ensemble et posons les fondements d’une collaboration renouvelée.
Une journée formidable nous dévoile la Ferme-école de Tompena en pleine brousse, deux ans après notre engagement dans le projet. Nous constatons que les unités de production sont déjà opérationnelles. L’abbé Lazare Somé nous expose comment tout le développement des structures est pensé et planifié.
Accueillis par l’abbé Théotime Meda à Fafo, nous participons symboliquement au travail de construction de la salle polyvalente du village financée par notre projet 2004 / 2005.
Notre séjour s’achève par le Dispensaire-Trottoir de Bobo-Dioulasso.
Un film de 53 minutes intitulé « Rendez-vous à Sarepta » monté par Alain Deloffre garde la mémoire de ce séjour. Il est disponible au prix de 6 euros sur demande.

2005 : AU PAYS DU IOBA

L’association bénéficiant à nouveau de l’aide précieuse du Conseil Régional repart avec un groupe de 20 personnes dont 14 lycéens de Stanislas Cannes et Nice.

Accueillis cinq jours à Dano par Augustin Meda et l’équipe pastorale, nous trouvons le temps d’approcher et de suivre la vie quotidienne de la population. Les visites à Diébougou, à Fafo, au lycée public du Ioba et au Petit Séminaire St Tarsicius permettent à chacun d’appréhender la réalité complexe du sous-développement et de la mise en œuvre des projets de développement eux-mêmes.

Les deux derniers jours et demi au Dispensaire-Trottoir à Bobo-Dioulasso suffisent à peine à découvrir la ville et les activités du centre. Ils confirment à nos yeux l’extraordinaire travail auprès des enfants des rues par toute une équipe de bénévoles derrière Saly Hema et Fatima Lakhal.