2008 : APPRENDRE À TOMPÉNA

L’ASPA a toujours considéré la formation comme un moyen privilégié du développement. En organisant le parrainage des filles des écoles catholiques du diocèse de Diébougou ou celui de jeunes quittant l’école primaire publique de Djindjerma, elle vise le long terme et cherche à agir sur les causes profondes de la pauvreté.

Grâce aux actions entreprises, par l’effort de tous, dans les établissements, ces trois dernières années, l’ASPA a pu apporter 35000 euros à la Ferme-école de Tompena qui a formidablement développé ses activités. C’est ce que le ministre de l’Agriculture du Burkina-Faso a constaté sur place, louant le travail d’organisation de son responsable, notre partenaire, le Père Lazare Somé. La Ferme-école a été citée comme un modèle pour l’agriculture du pays.

Quel bilan dresser aujourd’hui du travail accompli ?

La ferme école compte sept unités d’élevage : deux de 25 porcs chacune, deux de 500 poules pondeuses chacune, une de 26 vaches laitières et bœufs de trait, une unité de 3 chèvres et 6 moutons, une de 300 poules locales. A quoi s’ajoutent la culture d’anacardiers, la production de 10 hectares de maïs et l’exploitation d’un moulin à grains.

La ferme école a déjà les allures d’une ferme, elle va pouvoir devenir une école ! C’est tout le sens de notre projet.

Dans le domaine agricole, l’inertie des habitudes est une cause de disette. L’usage de la daba, comme l’utilisation extensive des terres, sont des archaïsmes que la formation peut permettre de dépasser.

Publicité

2009 : EAU ET ÉLECTRICITÉ À TOMPÉNA

La ferme-école achève sa première année de formation sur un bilan positif : 19 élèves fermiers sont prêts à s’établir ou à apporter leurs compétences nouvelles dans des fermes modernes. La production animale a atteint 100 porcs, 30 vaches dont les premières laitières issues de croisement génétique. Les poules seront bientôt au nombre de 1000, ce qui reste insuffisant pour répondre à la demande locale en œufs ! La Ferme-école vise raisonnablement l’auto-financement dans trois ans. Elle ne pourra l’atteindre qu’en développant encore sa capacité à produire, à transformer et ainsi valoriser sa production. Elle peut et souhaite encore s’agrandir ! Elle a besoin d’un réfectoire, d’une porcherie supplémentaire mais les problèmes qui se posent aujourd’hui touchent à l’accès à l’eau et à l’absence d’électricité. Un puits de faible profondeur ne suffit pas à ses besoins. L’A.S.P.A. pourrait compléter l’action de l’ONG « Hydrauliques sans frontières » qui s’apprête à réaliser une nouvelle étude géophysique en finançant le forage.

Pour l’électricité, un groupe électrogène ou mieux des panneaux solaires permettraient à la fois de poursuivre l’étude après 17 heures, de brancher un réfrigérateur pour la vie quotidienne et les produits vétérinaires. A moyen terme, une source continue d’électricité aiderait la Ferme-école à passer à l’étape de transformation et de commercialisation à l’échelle locale de ses productions de lait et de viande de porc. La plus-value rendrait possible l’auto-financement.

Le coût évalué d’un tel équipement s’élève à 10000 euros. L’ASPA soutient ce projet de développement durable et rentable qui participe par la production alimentaire et la formation, au développement intégral de l’homme.

2010 : PARRAINAGES SCOLAIRES

154201_475641292445_1306771_n

Deux projets de parrainage, déjà actifs aujourd’hui, ont besoin d’être étendus :

Le premier lie les enseignements catholiques de Nice et de Diébougou. Le constat de la très faible scolarisation des filles en milieu rural (12%) a abouti dès 2003 au projet de « Parrainage scolaire pour les filles de Diébougou ». Plus de 50 filles (et quelques garçons !) en bénéficient aujourd’hui. La finalité est claire : l’accès des filles à l’école participe à la promotion de la femme et au développement humain.
Le coût annuel du parrainage s’établit à 30 euros par enfant. Le formulaire d’engagement est téléchargeable sur le site.

Une convention signée en 2010 entre l’Enseignement catholique de Diébougou et l’Etat burkinabé a réduit les frais de scolarité de 30 à 15 euros. L’Enseignement catholique doit intégralement reverser ces 15 euros à l’Etat. Ce dernier paie les salaires des enseignants mais l’Enseignement catholique prive de tout budget d’investissement.
Comment répondre à l’afflux d’élèves, provoqué par la réduction des frais de scolarité sans les moyens de financement des structures (salles de classes, tables-bancs…) ? Notre parrainage dégage 15 euros pour répondre à la question et assurer l’avenir. A titre indicatif, une table-banc pour deux enfants coûte 50 euros.

Le second projet de parrainage nous lie par convention à notre ami Amadou Bakouan, le directeur de l’école publique de Djinjerma, un village reculé de brousse. Le constat qu’il fait depuis des années est celui de l’abandon de la scolarité par certains de ses meilleurs élèves, faute de moyens matériels. Le projet est très simple : donner à ces élèves méritants, la chance de poursuivre leurs études secondaires. Un parrainage de 106 euros couvre les frais de scolarité, de déplacement ou d’hébergement.

2010 :TOMPÉNA : VERS L’AUTONOMIE

Burkina 362

Le trait d’union entre ces deux projets, qui justifie que nous les proposions ensemble, est le souci constant de l’A.S.P.A. de promouvoir la formation. L’O.N.U. en 2000 en faisait un des « objectifs du millenium » : nous sommes avec ces projets au point de rencontre des préoccupations « locales » et « globales ».

Le Burkina-Faso est engagé dans cet effort tous azimuts de formation : alphabétisation, scolarisation primaire et secondaire du plus grand nombre, formation technique… sont des priorités nationales.

– Accompagner vers l’autonomie la Ferme-école de Tompena

Aujourd’hui, la 2nde promotion de la Ferme-école de Tompena achève son année de formation. La première promotion s’est fédérée en une association qui va bientôt faciliter l’installation de ces élèves. Ce réseau naissant qui se tisse autour de la Ferme-école, consolide son travail et son image.
Citée comme un exemple à l’échelle du pays, la Ferme-école demeure instable : le film « Tompéna » réalisé pour notre association par Alain Deloffre, dont vous pouvez découvrir des extraits sur notre site, rend compte de ses forces et de ses faiblesses.

A l’occasion de notre visite de février 2010, le Père Lazare Somé nous avait demandé, devant la promesse faite par d’autres partenaires français de financer l’eau et l’électricité, de réorienter notre projet vers la construction d’un second bâtiment pour accueillir les élèves. Il y consacrera les 8000 euros remis en août. Malheureusement l’engagement pris pour l’eau et l’électricité est resté sans effet : le problème reste entier !

Aujourd’hui, pour la Ferme-école, autonomie rime avec électrification. Sans électricité, pas de conservation des produits vétérinaires et des productions agricoles, des loisirs réduits à très peu de choses pour les 30 personnes qui vivent sur le site. L’électrification redevient notre objectif.

2011 : DES LATRINES POUR LES ÉCOLES !

Le développement tient parfois à de petites choses…
Un élève, qui, dans nos établissements, ressent le besoin impérieux d’un petit pipi peut à l’abri des regards et dans des conditions d’hygiène totale s’en libérer immédiatement !
A Diébougou, l’absence de toilettes dans les écoles primaires suppose l’impossibilité de satisfaire une envie pressante ! surtout… pour les filles, qu’elles soient élèves ou enseignantes !

Pour remédier à cette difficulté, les parents des élèves de dix écoles de Diébougou, neuf écoles publiques et la seule école catholique, se mobilisent au sein du groupement « Ville propre » pour l’installation et l’entretien de sanitaires pour les enfants et leurs enseignants. Les deux signes visibles de leur mobilisation sont d’une part, un apport financier de 211 320 F CFA (315 euros) et d’autre part, comme souvent en Afrique, la collecte au gré de leurs déplacements, de pierres et de gravier servant de matériaux de construction. Déposés dans les cours d’école, ils permettront de bâtir des « latrines » maçonnées rudimentaires mais suffisantes.
L’ASPA s’engage dans ce projet à hauteur de ce qui manque, à savoir 4 015 080 F CFA (environ 6000 euros).

Quels sont les enjeux ?

Le projet est à la frontière de l’éducatif, du sanitaire et de l’environnemental.

– Le premier enjeu est éducatif. Derrière l’initiative locale d’équipement sanitaire des écoles se révèle une volonté nationale de promouvoir l’éducation à l’hygiène, des enfants et de leurs parents. La question est considérée comme un défi de société. Le Burkina-Faso dont 80% de la population ne possèdent pas de toilettes, poursuit ainsi l’objectif d’améliorer les conditions de vie et d’habitat des populations.
Sur le même terrain éducatif, le projet vise aussi à l’amélioration de la situation des femmes. Indéniablement l’absence de sanitaires a une incidence sur la fréquentation de l’école par les filles.

– Le deuxième enjeu, crucial, est bien entendu sanitaire. Un tel projet s’attaque à une cause évidente de propagation des maladies infectieuses, en particulier le choléra. Une forte recrudescence de la maladie est signalée cet automne dans plusieurs états d’Afrique de l’Ouest, parmi lesquels le Ghana, frontalier du Burkina- Faso.

– Le dernier enjeu, environnemental, vise à infléchir les comportements en matière d’assainissement et à améliorer la gestion des eaux usées.

Tout cela peut prêter à sourire mais l’enjeu est bien de développement et même de développement durable par ses effets sociaux et environnementaux.

En soutenant ce projet, l’ASPA reste dans la ligne de celui qu’elle a mis en oeuvre en 2003 et réactivé l’an dernier de « parrainage scolaire des filles ». Le coût annuel d’un parrainage est de 30 euros par enfant. Le formulaire d’engagement est toujours téléchargeable sur notre site.