ÉDITO : POURSUIVRE

L’actualité est lourde de menaces. Souhaiter à tous une bonne année relève d’un optimisme qui peut paraître hors de mesure. Ne soyons pas aveugles, le Burkina, à entendre et lire nos amis là-bas, est au bord du chaos. À chaque femme, à chaque homme, il demeure la capacité, hors de mesure elle aussi, à vivre un jour après l’autre dans le sentiment oppressant que la vie et la mort se sont peut-être donné rendez-vous dans la journée… ou le lendemain. 

Nos amis chrétiens font l’expérience de l’espérance, nos amis musulmans, du destin. Chacun s’en remet à Dieu.

Que faut-il donc souhaiter : la sagesse, le courage, la force, l’esprit de résistance ? De ce côté du monde, nous sommes des témoins à l’abri, des témoins impuissants à autre chose qu’à soutenir des projets d’avenir.

L’avenir auquel nous voulons croire porte toujours le nom de développement, un développement qui s’incarne dans des enfants qui poursuivent leur scolarité de l’école au collège… dans des populations villageoises qui accèdent à l’eau de façon durable…

De façon bien concrète, l’ASPA envisage donc cette année de doter le village de Tovuor d’un château d’eau, de poursuivre la construction de latrines dans les écoles de l’Enseignement catholique de Diébougou, d’y garder actifs ses quelques 180 parrainages, et de maintenir le lien très fort avec Amadou Bakouan qui nous sert de relai avec l’école de Kari.

Garde enfin une place centrale dans notre conviction et notre action de terrain, le travail d’éducation de nos élèves en France commencé il y a bientôt 23 ans pour les assurer, tout compte fait et malgré la conjoncture, que l’Afrique et le Burkina possèdent les ressources pour avancer.

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NOUVELLES DU BURKINA

Éloignés du Burkina puisqu’il n’est pas si simple de voyager, nous ne sommes pas privés de nouvelles pour autant. En ce mois de juin 2021, elles sont contrastées.

Côté lumineux, notre ami Amadou Bakouan nous envoie quelques photos attestant le succès de la cantine à Kari. L’ASPA mène, on le sait, des actions structurelles (participation à la construction de locaux ou soutien durable à l’agriculture vivrière par exemple), mais ne s’interdit pas des actions de première nécessité pour résorber les difficultés, parfois ponctuelles, liées aux aléas climatiques. Cette année les pluies ont été insuffisamment abondantes pour assurer une période de soudure sereine. Il faut aider, afin que les enfants puissent mieux et plus manger.

Côté sombre, le pays est encore endeuillé par des massacres de masse. Ils ont lieu dans la zone sahélienne au nord, ou à l’est, près des frontières du Togo et du Bénin. Pour l’instant le sud-ouest se trouve relativement épargné mais nos amis vivent dans la crainte d’une généralisation de la violence. Le Burkina a longtemps été un modèle de bonne entente entre les communautés religieuses. Qu’ils soient catholiques ou musulmans, nous sommes heureux de savoir nos amis prier ensemble pour la paix commune. Que les hommes et les femmes de bonne volonté l’emportent sur la haine, c’est ce que nous souhaitons de tout notre coeur.

DES LATRINES POUR L’ÉCOLE DE PHARYAGO

En février 2019, lors de notre passage à l’école de Pharyago, petite localité du secteur de Diébougou, l’équipe éducative nous a clairement fait part de sa priorité : équiper l’établissement de latrines. L’ASPA s’est donc aussitôt engagée pour que ce projet prenne corps dans les meilleurs délais. Grâce aux actions menées dans nos établissements partenaires, le voici réalisé comme en témoignent ces clichés transmis par notre ami Jean Boniface Somda, directeur diocésain du diocèse de Diébougou.

On ne redira jamais assez l’importance des équipements sanitaires dans les écoles de brousse. Sécurité, hygiène, éducation aux bons gestes sont des préalables essentiels de la réussite des enfants scolarisés.