2010 :TOMPÉNA : VERS L’AUTONOMIE

Burkina 362

Le trait d’union entre ces deux projets, qui justifie que nous les proposions ensemble, est le souci constant de l’A.S.P.A. de promouvoir la formation. L’O.N.U. en 2000 en faisait un des « objectifs du millenium » : nous sommes avec ces projets au point de rencontre des préoccupations « locales » et « globales ».

Le Burkina-Faso est engagé dans cet effort tous azimuts de formation : alphabétisation, scolarisation primaire et secondaire du plus grand nombre, formation technique… sont des priorités nationales.

– Accompagner vers l’autonomie la Ferme-école de Tompena

Aujourd’hui, la 2nde promotion de la Ferme-école de Tompena achève son année de formation. La première promotion s’est fédérée en une association qui va bientôt faciliter l’installation de ces élèves. Ce réseau naissant qui se tisse autour de la Ferme-école, consolide son travail et son image.
Citée comme un exemple à l’échelle du pays, la Ferme-école demeure instable : le film « Tompéna » réalisé pour notre association par Alain Deloffre, dont vous pouvez découvrir des extraits sur notre site, rend compte de ses forces et de ses faiblesses.

A l’occasion de notre visite de février 2010, le Père Lazare Somé nous avait demandé, devant la promesse faite par d’autres partenaires français de financer l’eau et l’électricité, de réorienter notre projet vers la construction d’un second bâtiment pour accueillir les élèves. Il y consacrera les 8000 euros remis en août. Malheureusement l’engagement pris pour l’eau et l’électricité est resté sans effet : le problème reste entier !

Aujourd’hui, pour la Ferme-école, autonomie rime avec électrification. Sans électricité, pas de conservation des produits vétérinaires et des productions agricoles, des loisirs réduits à très peu de choses pour les 30 personnes qui vivent sur le site. L’électrification redevient notre objectif.

2011 : DES LATRINES POUR LES ÉCOLES !

Le développement tient parfois à de petites choses…
Un élève, qui, dans nos établissements, ressent le besoin impérieux d’un petit pipi peut à l’abri des regards et dans des conditions d’hygiène totale s’en libérer immédiatement !
A Diébougou, l’absence de toilettes dans les écoles primaires suppose l’impossibilité de satisfaire une envie pressante ! surtout… pour les filles, qu’elles soient élèves ou enseignantes !

Pour remédier à cette difficulté, les parents des élèves de dix écoles de Diébougou, neuf écoles publiques et la seule école catholique, se mobilisent au sein du groupement « Ville propre » pour l’installation et l’entretien de sanitaires pour les enfants et leurs enseignants. Les deux signes visibles de leur mobilisation sont d’une part, un apport financier de 211 320 F CFA (315 euros) et d’autre part, comme souvent en Afrique, la collecte au gré de leurs déplacements, de pierres et de gravier servant de matériaux de construction. Déposés dans les cours d’école, ils permettront de bâtir des « latrines » maçonnées rudimentaires mais suffisantes.
L’ASPA s’engage dans ce projet à hauteur de ce qui manque, à savoir 4 015 080 F CFA (environ 6000 euros).

Quels sont les enjeux ?

Le projet est à la frontière de l’éducatif, du sanitaire et de l’environnemental.

– Le premier enjeu est éducatif. Derrière l’initiative locale d’équipement sanitaire des écoles se révèle une volonté nationale de promouvoir l’éducation à l’hygiène, des enfants et de leurs parents. La question est considérée comme un défi de société. Le Burkina-Faso dont 80% de la population ne possèdent pas de toilettes, poursuit ainsi l’objectif d’améliorer les conditions de vie et d’habitat des populations.
Sur le même terrain éducatif, le projet vise aussi à l’amélioration de la situation des femmes. Indéniablement l’absence de sanitaires a une incidence sur la fréquentation de l’école par les filles.

– Le deuxième enjeu, crucial, est bien entendu sanitaire. Un tel projet s’attaque à une cause évidente de propagation des maladies infectieuses, en particulier le choléra. Une forte recrudescence de la maladie est signalée cet automne dans plusieurs états d’Afrique de l’Ouest, parmi lesquels le Ghana, frontalier du Burkina- Faso.

– Le dernier enjeu, environnemental, vise à infléchir les comportements en matière d’assainissement et à améliorer la gestion des eaux usées.

Tout cela peut prêter à sourire mais l’enjeu est bien de développement et même de développement durable par ses effets sociaux et environnementaux.

En soutenant ce projet, l’ASPA reste dans la ligne de celui qu’elle a mis en oeuvre en 2003 et réactivé l’an dernier de « parrainage scolaire des filles ». Le coût annuel d’un parrainage est de 30 euros par enfant. Le formulaire d’engagement est toujours téléchargeable sur notre site.

2013 : LA PÉPINIÈRE DE TAWPLA

L’ASPA s’est régulièrementt engagée dans des projets de développement rural, plantation d’anacardiers à Wan, création et soutien de la Ferme-école de Tompena, co-financement de la Banque de céréales de Dano et du champ du dispensaire-trottoir de Bobo-Dioulasso et enfin, en 2012 / 2013, création d’une vaste zone maraîchère à Navielgane et du champ scolaire de Djinjerma dont nous poursuivons la mise en place.

Le projet pilote pour 2013 / 2014 s’inscrit dans cette ligne en soutenant la création à Tawpla d’une pépinière de plants arboricoles et d’un parc agro-forestier.

Quel intérêt une telle structure présente-t-elle ? A quels problèmes s’attaque-t-elle ? Comment un tel projet peut-il jouer sur les conditions de vie des populations ?

La région concernée, du sud-ouest du Burkina Faso, compte plus de 700 000 habitants vivant en milieu quasi-exclusivement rural, pour une densité d’environ 35 habitants au km².

Elle peut s’appuyer sur ses atouts.
Carrefour entre les pays côtiers de la Côte d’Ivoire et du Ghana et le nord plus aride du pays, elle bénéficie de conditions agro-climatiques favorables à l’arboriculture fruitière. Malgré l’instabilité climatique marquée par l’irrégularité des pluies et les vents desséchants, elle profite d’une pluviométrie moyenne de 900 à 1200 mm d’eau par an, de terres arboricoles et maraîchères importantes, et d’un tiers des bas-fonds du territoire national.

Mais la région doit aussi dépasser ses contraintes.
La pression démographique y reste forte et les systèmes d’exploitation agricole traditionnels peu performants. En découle une surexploitation des terres, perceptible dans le déboisement de la savane et le peu de place laissée à la jachère. Un mot résume le phénomène en cours, la désertisation. L’appauvrissement des terres et l’appauvrissement des populations vont de pair : la dégradation de l’environnement est facteur de cette insécurité alimentaire que définissait le film Soudure, tourné par l’association.

Le projet que nous soutenons doit contribuer à la lutte contre la pauvreté en milieu rural en agissant sur deux leviers de développement.

– La mise en place d’une pépinière arboricole produira et mettra à la disposition des paysans, des plants fruitiers sélectionnés et greffés, à moindre coût. Pour l’heure, quelques pépinières assurent la production de plants de reboisement d’acacia, d’eucalyptus mais aucune pépinière arboricole ne fournit les espèces locales (néré et karité …) et exotiques (agrumes, manguiers et anacardiers). Ces arbres à la croissance rapide et au rendement élevé seront sources de nourriture et de revenus financiers pour les paysans par le développement des vergers et participeront à la protection des sols.

– La création d’un parc agro-forestier pilote de sept hectares servira d’outil éducatif comme champ-école au service de la population paysanne.

Le projet proposé par l’OCADES-Diébougou, conçu par l’abbé Clément Somé, ingénieur agronome, nous engage à hauteur de 8700 euros, la participation locale s’élevant à 900 euros.

2014 : LÈVE-TOI ET MARCHE !

amadou 5

Issue de la société civile, l’Association des Femmes Lève-toi et marche, née en 2007 à Diébougou, a essaimé dans la région du Sud-Ouest du Burkina Faso, Son objectif, l’amélioration des conditions de vie des femmes, rejoint la préoccupation du gouvernement et de l’Eglise locale.

La situation des femmes rurales de cette région en effervescence est complexe !

En quoi ? Femmes d’agriculteurs et d’éleveurs, elles sont économiquement plutôt pauvres bien que vivant sur des terres plutôt riches, terres qui attirent en masse des populations défavorisées du pays. Elles sont à la fois actrices et victimes de la pression démographique ; elles sont démunies devant l’insécurité et la prolifération de maladies (Sida, grippe aviaire) en raison de la multiplication des sites aurifères.

L’Association des Femmes Lève-toi et marche s’emploie à aider ces femmes :
– Elle les alphabétise en langue locale et les instruit,
– Elle anime dans les villages des sessions de formation sur la valorisation des ressources naturelles locales, baobab, karité, néré…
– Elle structure des filières de production, de transformation et de commercialisation de ces produits,
– Elle met à leur disposition le matériel nécessaire à ce processus.

Toutes ces actions sont conçues dans l’objectif de créer des sources de revenus qui permettent aux femmes de sortir du cercle vicieux de la pauvreté !

A Libiélé dans le département de Guéguéré, où l’A.S.P.A. s’engage, un centre féminin administré par l’Association des Femmes Lève-toi et marche, fonctionne déjà mais manque de moyens et d’équipement pour être pleinement fonctionnel.

Il y manque aujourd’hui des tables-bancs pour les salles de formation, de quoi l’outiller pour permettre la transformation des produits forestiers en soumbala, beurre et savon. Une machine à presse pour beurre de karité, un kit pour la fabrication du savon, un kit pour la fabrication du soumbala sont nécessaires.
Il y manque de quoi former les jeunes filles (jusqu’à18 ans) et les jeunes mamans (entre 16 et 30 ans) à un métier dans la couture, le tricotage, la vannerie, la broderie. Trois machines à coudre, des fournitures et consommables sont nécessaires.
Il y manque enfin de quoi former à l’économie familiale (hygiène, gestion des biens, promotion d’activités rémunératrices, cuisine…) toutes les femmes de la paroisse, membres ou non de l’association, chrétiennes ou non.

Soutenir ce projet, c’est travailler à la promotion de la femme par des femmes. Le budget global est évalué à 8060 euros.

2012 : ZONE MARAÎCHÈRE À NAVIELGANE

Dans la région du Sud-Ouest du Burkina-Faso où l’ASPA intervient depuis 1999, la terre reste la plus grande chance de développement.
De plus en plus convoitée en raison de la pression démographique, elle reste disponible. Elle est fertile et productive grâce à de nombreuses retenues d’eau qui, en permettant les cultures de contre-saison, pendant la saison sèche, d’octobre à mai, atténuent la dépendance agricole vis-à-vis d’une pluviométrie capricieuse.

Comment peut-on définir et lutter contre l’insécurité alimentaire ?

Le film « Soudure », tourné sur place en février 2012 par Alain Deloffre, présenté sur notre site, apporte des éléments de réflexion et de réponse à la question. L’insécurité alimentaire traduit cette faim invisible, cachée au creux des estomacs, qui dure une grande partie de l’année, en attente de la récolte suivante.
Pour la combattre, l’aide alimentaire d’urgence est parfois nécessaire comme durant l’été 2012 mais le développement rural reste la clef. Il suppose une transformation en profondeur des habitudes culturales par la formation technique, la motorisation de l’équipement, l’engraissement des sols. Il participe aussi à la promotion de l’activité des femmes.

L’ASPA retrouve le terrain du développement agricole après le financement de la ferme-école de Tompéna et de la banque de céréales de Dano. En réponse à ses partenaires, elle s’engage à soutenir deux projets de jardins maraîchers.

A Djindjerma, village de brousse, où elle soutient depuis 2009 la cantine de l’école primaire et parraine onze élèves qui en sont issus et poursuivent aujourd’hui leurs études secondaires, l’ASPA répond à la demande d’Amadou Bakouan, son ami directeur de l’école, et de la communauté villageoise. En finançant un projet de jardins villageois, l’association permettra ainsi au village de prendre lui-même en charge, à terme, la cantine scolaire. Ces jardins existent déjà mais ils doivent encore être enclos pour protéger les cultures et leur production doit être développée. A Djindjerma, l’alimentation des enfants, pourtant fils et filles de cultivateurs n’est suffisante que d’octobre à décembre. Le coût du projet est évalué à 800 euros.

A Navielgane, la situation est différente. Le village dispose d’un trésor à ciel ouvert : l’immense retenue d’eau de Bapla. Le groupement « Koun Zaor Yel » créé en 2001, composé pour un tiers de femmes, présente un projet d’aménagement à l’aval du barrage, d’un site maraîcher clôturé de deux hectares, planté de cultures de contre- saison.
Il s’agit là de promouvoir une agriculture vivrière moderne et durable.
La création de fosses fumières assurera l’enrichissement des sols et permettra un traitement des déchets ménagers contribuant à l’amélioration générale du niveau sanitaire de la population. Les producteurs seront équipés de moto pompe et de matériel agricole de base et formés aux techniques nouvelles.
Le coût du projet, évalué à 8200 euros, a eu pour référent juridique Mgr Der Raphaël Dabiré, évêque de Diébougou.