UNE CANTINE POUR LE LYCÉE AGRICOLE DE DISSIN

Le développement au Burkina-Faso est perceptible à plusieurs signes : les progrès de l’éducation, la pénétration de l’électricité dans les campagnes, une politique volontaire de l’Etat en matière d’accès à l’eau des populations.

À Diébougou et autour, les écoles primaires accueillent depuis vingt ans de plus en plus d’enfants qui viennent nourrir aujourd’hui l’enseignement secondaire.

Les lycéens restent cependant confrontés à des problèmes de taille. Quelle stabilité scolaire peut-on espérer d’un Lycée sans latrines ? d’un Lycée sans manuels et sans matériel ? d’un Lycée sans cantine ? Ces éléments sont sources de fréquents abandons scolaires.

À Dissin, important village sur la route qui conduit au Ghana, le lycée agricole Notre Dame de l’Assomption compte plus de 200 élèves mais ne dispose pas de cantine scolaire. Le Père Pierre Claver Hien, notre partenaire et ami, économe du Lycée, lance un appel. Une cantine serait un outil de combat contre l’échec scolaire !

Le mot prend un sens un peu différent au Burkina Faso : il s’agit d’un espace pour cuisiner et d’une réserve pour le stockage du grain. Moyennant le recours à une cuisinière, un repas serait servi aux élèves à midi.

Le coût est estimé à plus de 10000 euros annuels auxquels les parents apporteront leur contribution.

Mais nous avons le désir d’aller plus loin. À terme, un de nos objectifs serait de développer un champ scolaire qui présenterait un double intérêt pour le lycée agricole : il serait un outil d’expérimentation pédagogique pour rendre véritablement « agricole » le lycée qui dispense aujourd’hui un enseignement général. Il serait aussi un pas vers l’autonomie alimentaire, la production du champ alimentant la cantine.

 

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2016 : UN COLLÈGE QUI VA GRANDIR

Kokoligou : il faut rouler sur une piste cabossée et ravinée par les pluies pour atteindre ce village isolé, au Sud-Est de Diébougou. Notre ami Dieudonné Hien y a sa maison natale et une grande partie de sa famille. Nous sommes reçus ici pour établir le plan d’action qui aboutira à l’agrandissement du collège. Sur la gauche, quand on regarde le bâtiment existant, sera élevé une salle supplémentaire et coulé une dalle permettant, à terme, de poursuivre l’extension. Aujourd’hui, trois classes sont ouvertes (6e, 5e, et 4e). Notre action de soutien permettra à la population de mener à bien son projet d’avenir pour le village et d’ouvrir la classe de 3e. Les travaux ont commencé.

2016 : VOYAGE COMMANDO

Depuis 2012, date de notre dernier passage, le Burkina a connu des bouleversements : une tentative de coup d’état, la mise à sac de son Assemblée Nationale, des élections plus ou moins sereines, des révoltes populaires, des attaques terroristes… Des menaces ont plané. Ebola, par exemple, mais aussi d’autres plus fantaisistes. Les pommes vendues au bord des routes, dit-on, ont été empoisonnées par des émules de Boko Haram. Les petites marchandes sont dans la difficulté.

Pourtant, rester un an de plus sans nous rendre au Burkina aurait été dommageable à l’association et aux projets en cours ou à venir. Pour une fois, l’équipe s’est réduite à Frédéric Bernadeau, Anne-Thérèse Rendu et Alain Deloffre, auxquelles s’est jointe Carole Lambert, de l’association Les Manguiers de la paix. Dieudonné Hien, lui, était déjà sur place pour ses « vacances » au pays. Nous l’avons retrouvé là-bas. Objectifs ? Retrouver nos partenaires sur le terrain, évaluer les dernières réalisations, repérer d’autres chantiers possibles, lancer notre projet pilote : l’agrandissement du collège de Kokoligou et, bien sûr, rapporter de nouvelles images, notamment le matériau nécessaire à la réalisation d’un nouveau documentaire consacré à l’eau.

Dix jours non stop, au point d’avoir l’impression (mais ce n’était pas qu’une impression) de vivre trois journées en une. Un voyage commando, en quelque sorte, dont nous vous livrons ici quelques images marquantes.

2016 : ÉCOLE ET PARRAINAGES, ON AVANCE !

La visite des classes est un rituel de nos voyages au Burkina. Tout s’y passe selon un protocole immuable. Excitation des enfants avant notre arrivée, entrée solennelle (élèves debout), salutations collectives (« Bon / jour / Mô / sieur // Bon / jour / Ma / dame // Ça / va / bien ? »), questions, réponses timides parfois, petits messages d’encouragement, etc.

Le taux de scolarisation au Burkina est encore faible mais progresse peu à peu. 63 % dès enfants vont à l’école primaire. Les classes sont évidemment surchargées et le collège reste encore difficile d’accès. Ces dernières années, notre système de parrainages a aidé plusieurs dizaines de familles.

Bien sûr, rien n’est simple et les difficultés sont importantes pour beaucoup. Des parents ne peuvent ou ne veulent pas payer les cotisations exigées pour la scolarité des enfants. Certains élèves, qui pourraient poursuivre leurs études au-delà de l’école, en sont empêchés faute de moyens. Les enseignants sont mal payés et vivent parfois séparés de leurs proches, comme la directrice du collège de Kokoligou, exilée pour trois ans dans le Sud alors que son mari est en poste à Ouagadougou. Pourtant, tout avance. Lors de notre dernier voyage en avril 2016, nous avons noté les évolutions pédagogiques en vigueur au Burkina. Depuis quatre ans les enseignants ont changé la disposition des bancs à l’intérieur de la classe. L’enseignement, moins frontal semble-t-il, expérimente la pédagogie différenciée, les travaux de groupes, le tutorat entre élèves. La salle désormais s’organise en îlots réunissant cinq ou six élèves appelés à coopérer. Plutôt une bonne méthode ! Puissent les enfants parrainés profiter pleinement de ces évolutions.